Se rendre au contenu

Quel est le sens de l'ami sur le chemin de nos jours ?


Evolution de la relation spirituelle


Au vingtième siècle de nombreux chercheurs spirituels ont tenté de trouver en Orient réponses aux questions que l'Eglise ne leur apportait plus depuis longtemps. Les facilités de transports, de communication et d'échanges ont conduit des millions d'occidentaux à se tourner ver les traditions orientales, plongeant avec foi et ardeur dans une relation maitre-disciple qui ne faisait pas partie de leur culture. Cela donna lieu à de nombreuses dérives tant du côté des soi-disant maitres que du côté des soi-disant disciples. Se sont jouées dans le domaine spirituel de sordides comédies qui se jouaient jusqu'alors majoritairement dans la vie dite profane. Des histoires de sexe, pouvoir et argent, vinrent polluer la vie spirituelle. Ces histoires sordides se jouaient désormais dans le domaine le plus sensible qui soit dans la vie d'un être humain, celui de sa relation au divin. Cela eut une incidence profonde sur le chercheur spirituel occidental qui se mit alors à rejeter à contrario toute aide spirituelle. Le slogan général devint "sans Dieu ni maître", slogan qui s'est transformé depuis quelques années dans certains milieux spirituels non duels par "je suis Dieu". Livrés à eux mêmes sur les réseaux/égos sociaux, le petit je égotique (l'enfant roi, Atoum vibration 1 dans le Tarot de Vie) s'est auto-proclamé maître de son monde en tuant l'ami sur le chemin, comme aimait à le nommer Arnaud Desjardins.

  

L'ami spirituel est-il devenu inutile parce que dangereux ?


Cette question amène trois réponses selon la conscience de celui qui y répond. Chacune de ces réponses étant bien évidemment juste à son niveau : 

Pour l'être identifié guidé par son égo qui veut rester au coeur de sa vie, de ses choix ; qui se croit être le décideur et l'acteur de sa vie, et veut le rester - la réponse est indéniablement oui. C'est la raison pour laquelle la plupart des occidentaux ne sont toujours pas prêts à la pure relation orientale "maitre-disciple". Car l'occidental est non seulement égocentré et individualiste, mais en plus, empêtré dans ses problèmes psychologiques non résolus. C'est d'ailleurs sur cette base qu'il embrasse le plus souvent la vie dite spirituelle : il ne cherche pas réellement le divin, mais solution à ses problèmes en utilisant le divin et la vie spirituelle. Pour exemple, il utilise la prière pour demander à Dieu d'accomplir ses désirs, il fait du Yoga pour vivre des expériences extatiques, il enseigne pour être aimé, reconnu ...
Pour cet être un véritable ami sur le chemin, tel que nous le définirons par la suite, est effectivement vécu comme dangereux. Car il lui rappelle que le "je" est la source même de la dualité, du samsara et de ses souffrances. Le mental égo je se rebellera forcément contre un tel ami qu'il verra non pas comme un ami mais comme un ennemi. 

Pour l'être identifié guidé par son égo spirituel, la réponse est là encore oui. De telles personnes, plutôt que d'avancer en vérité et en humilité dans la vie dite spirituelle, projettent sur l'ami spirituel leurs fantasme de perfection et de réalisation. De tels soi-disant disciples, ne veulent pas réellement voir ce qu'il se vit en eux-mêmes, ni entendre les invitations du véritable ami sur le chemin. Ils préfèrent l'idolâtrer, l'idéaliser, en remettant faussement leur vie intérieure entre ses mains. Mais dès que l'ami sur le chemin les met à l'épreuve en leur demandant un réel travail sur eux-mêmes, c'est-à-dire de voir ce qui les anime réellement - alors les soi-disant disciples qui hier idolâtraient l'ami, le fuiront, le détesteront, voire feront tout pour lui nuire, sans jamais se remettre en cause. L'ego spirituel plus puissant que le simple ego, est dans une illusion et une souffrance encore plus profondes que le simple ego je. 

Seul pour le réel cheminant qui avance en vérité et en humilité, la réponse est non. Car il sait en son coeur ce qu'est réellement l'ami sur le chemin et le sens de cette relation.

Il est temps à présent de voir ce qu'est un,e véritable ami,e sur le chemin et la relation à laquelle il,elle nous invite

   

L'ami sur le chemin


Est tel un tuteur 
De mon point de vue, l'ami sur le chemin joue le même rôle dans la vie spirituelle que le tuteur pour la plante. Sa principale vocation est de nous aider à nous redresser, à être droits - reliés au Ciel et à la Terre- afin que la pleine et totale expression de notre Etreté puisse se révéler et se déployer jusqu'à sa totale manifestation.
Dès lors que nous sommes droits, aliqnés/réalignés, c'est-à-dire des hommes et des femmes debouts, le tuteur doit être ôté. Car il ne serait pas juste qu'il reste indéfiniment. C'est l'étape de "tuer le Boudha". Alors seulement, les racines célestes et terrestres de l'être se déploient en leur pleine expression


Eclaire notre chemin
De la même façon qu'un jardinier sait quand, comment et où mettre en terre telle ou telle plante, le véritable ami sur le chemin, parce qu'il dispose de la Connaissance du fonctionnement des êtres humains et des Lois cosmiques, est en mesure de nous accompagner dans ce processus d'épanouissement et de révélation de notre Etreté. Il nous invite à Voir ce qui se vit en nous et à aligner notre vie quotidienne sur ce plein potentiel divin exprimé en La Roue de Naissance du Paradharma. Il nous aide à voir clairement le choix qui se présente à nous en chaque circonstance de vie, et nous laisse libre de nos choix de vie entre une vie personnelle et une vie divine

Il n'attend rien de nous
L'ego qui attend toujours quelque chose d'une relation ne peut comprendre que dans une relation, on puisse ne rien attendre de lui, tout en étant toujours là pour lui en tant que lumière divine. Pour l'égo, ne rien attendre de lui, signifie ne pas l'aimer, ne pas le reconnaître, s'en moquer, ne pas s'y intéresser. Alors qu'en n'attendant rien de nous, l'ami sur le chemin nous accorde au contraire une totale liberté. En cela la relation avec cet ami est réellement sans condition.

 

Il nous invite à l'Etreté
L'Ami sur le Chemin pointe vers la Liberté, La Réalité, Ce Qui Est. Il nous invite à Etre, et non à demeurer des cheminants. L'ami sur le Chemin nous invite à réaliser Que Cela Est déjà et qu'il n'est donc rien à atteindre. Si l'ami sur le chemin peut parfois sembler proposer des pratiques, il s'agit en ce cas de jeux spirituels et non de pratiques dans le sens traditionnel du terme. Car aucune pratique ne peut permettre d'Etre ce que nous sommes déjà. L'ami sur le chemin propose alors à celui ou celle qui joue à être quelqu'un, à jouer à lâcher ce quelqu'un, à lâcher cette croyance d'être quelqu'un, et donc à cesser d'être un cheminant. Car dès lors que l'on ne place plus Dieu en dehors de soi, le cheminant cesse d'exister et par là même le chemin. 

Swami Mahashakti 6 décembre 2025
Partager cet article
Se connecter pour laisser un commentaire.