Les partages
Aucun des partages que je vous propose n'est issu de lectures : je ne lis pas. Les seuls livres que j'ai lus entre 15 et 25 ans furent des pièces de théâtre. Mais depuis, je n'ai réellement lu que deux livres dans leur intégralité : un livre sur la vie de Ramana Maharishi et la Bhagavad Gita. Il m'arrive néanmoins de rechercher dans un Livre, telle la Bible, des passages inspirants. Mais je ne nourris pas mon mental de lectures. Donc, oui, comme me l'a fait remarquer une amie il y a des années, effectivement, je ne sais rien. Je ne m'en cache pas, je n'en suis pas fière, c'est juste ainsi. Je ne suis pas cultivée. Je ne suis pas la personne qu'il faut emmener dans un dîner mondain. J'apprécie néanmoins les personnes qui ont cette culture et qui sont en mesure de faire des liens entre ce dont je témoigne lors des partages et ce que peuvent avoir dit, écrit d'autres personnes.
Pourquoi je ne lis pas ?
J'ai essayé de lire bien-sûr, et il m'arrive encore parfois d'essayer - mais c'est comme si quelque chose en moi s'arrêtait au bout de quelques lignes, au mieux d'une page ou deux. Comme si une partie de moi sait que ce n'est pas sur ce chemin que je dois m'engager. Il est fort probable que ce soit la conséquence d'une expérience d'éveil que j'ai vécu à l'âge de 8 ans, en laquelle les mots n'avaient plus aucun sens. Il m'a alors fallu du temps, une heure peut-être, pour ré-assembler les mots et les objets ensemble : savoir par exemple qu'un chapeau se nomme chapeau, un chat un chat... Lorsque toutes les pièces du puzzle des mots et des objets furent à nouveau ré-unis, une voie intérieure m'a "dit" que je ne trouverais pas ce que je cherche à travers des livres et des études. Cela m'a énormément secouée et attristée à l'époque. Car depuis toute petite je voulais comprendre : comprendre pourquoi il faut dormir, pourquoi je devais marcher pour me rendre quelque part, pourquoi la poussière, pourquoi manger, pourquoi parler... Ma famille me surnommait "Dis pourquoi" en se moquant de moi. Entendre du plus profond de mon être que je ne ferais pas d'études signifiait pour l'enfant que j'étais, que je n'aurais pas moyen de savoir. J'ignorais alors que si la porte du "savoir" m'était fermée, celle de la "co-naissance" ne l'était pas. Bien entendu, cette expérience d'éveil ne m'a pas empêché plus tard de lire des centaines de pièces de théâtre lorsque j'ai voulu être comédienne. Mais effectivement, pour ce qui est du reste, il est probable qu'elle ait comme désamorcé un processus de quête mentale.
Je ne dis pas pour autant qu'il ne faut pas lire et je suis même certaine que les livres sont pour la plupart des êtres sources d'ouverture d'esprit et d'inspiration. Je vous partage juste ici mon vécu et la façon dont je fonctionne afin que vous sachiez d'où proviennent mes partages et l'Enseignement de Vie.
Nature des partages
Les différents partages que je réalise qu'ils soient sous forme orale ou écrite, ne proviennent pas d'un quelconque savoir mental. Et c'est justement le fait de ne pas avoir lu, de ne rien connaitre à l'Egypte qui m'a permis d'accepter en 2010 ce qui me tombait dessus. Car si j'avais su quoi que ce soit avec mon mental sur les mythes, les trous noirs, les trous blancs (dont on ne parlait pas à l'époque sur le net), la cosmogonie égyptienne... j'aurais remis immédiatement en cause l'initiation à l'Enseignement de Vie que je venais de vivre, et je ne serais pas ici aujourd'hui. Ma vie aurait été toute autre. Car je me méfie du mental. Je suis très très consciente que le mental est prompt à tout saisir, à tout accaparer pour être au centre de tout. Il est capable de créer des systèmes pour exister, pour survivre, pour être quelqu'un, pour être reconnu ou aimé, pour montrer qu'il sait. Aussi je considère que de ne rien savoir a été une grande chance pour moi. Car cela m'a permis d'expérimenter et de réaliser qu'il existe un mental plus subtil (mais peut être faut-il l'appeler autrement que mental), qui accède à la Connaissance directe, sans qu'il y ait besoin d'avoir lu ou entendu quoi que ce soit avant cela sur le sujet. Le mental joue alors juste le rôle de traducteur. Et c'est même difficile au départ, car le mental ne sait pas, ne parvient pas à traduire l'indicible. Il y a une perte énorme entre ce qui est Co-Nu, et ce que je parviens à mettre en mots avec le mental. Au départ cela me désespérait. Avec le temps, j'ai appris à accepter cela et à faire avec. C'est ainsi et même si ce qui est partagé est peu par rapport à ce qui est co-nu, c'est déjà pas mal.
Vider le mental
Mon expérience m'a également montré qu'il est plus simple d'accéder à la Co-Naissance en ne sachant rien, plutôt qu'en sachant tout un tas de choses mentales. Je l'ai vécu lors d'entretiens avec des personnes qui s'y connaissaient en Tarot, en Egypte, en numérologie... Ce sont elles qui ont eu généralement le plus de difficultés à s'ouvrir à la Co-Naissance, car leur mental était déjà plein de tout un tas de savoirs, et parfois à raz bord. Si votre mental est plein de tout un tas de choses, de concepts, d'idées, de croyances - il vous faudra inévitablement commencer par le vider pour accéder à la Co-Naissance. Car la Co-Naissance est non pas une invitation à cumuler du savoir, mais à renaître, à naître avec ce qui est réalisé provenant de l'Un Connu. Eh oui, je sais, j'aime à jouer avec le langage des oiseaux. Mais cette expérience d'éveil m'a permis de réaliser que les mots ne sont pas la destination. Les prendre trop au sérieux nous coupe de ce vers quoi ils pointent
Etre disponible à l'Un Connu
n'a rien de sécurisant. Car cette disponibilité suppose d'être totalement disponible à ce qui se vit en l'instant, et donc de ne pas s'accrocher à ce que j'aurais pu prévoir, ou ce que j'aurais eu envie de partager. Etre disponible à la relation, aux personnes qui participent à Satsang, aux présentiels, aux webinaires, aux vidéos. Ceux qui me connaissent et ont déjà participé à des présentiels savent que même s'il y a un thème général de proposé, les partages durant le temps de notre rencontre peuvent être tout autre. Cela peut être déstabilisant au départ, car si vous venez tout spécialement pour un certain thème et que celui-ci n'est pas abordé durant le présentiel, cela peut être frustrant. Mais comme ce qui est abordé est toujours ce qui est juste en l'instant, j'ai pu observer que chaque participant n'a jamais regretté la tournure prise par nos échanges à l'occasion de présentiels ou de rencontres en ligne.
De ce fait, mes partages quels qu'ils soient, ne sont pas structurés comme nous avons l'habitude qu'ils le soient pour une conférence, ou pour des vidéos youtube où la plupart des personnes ont préparé un ordre du jour, un plan, voire un prompteur. Ici, chaque partage se vit en l'instant, et il m'est arrivé à plusieurs reprises de découvrir ce que je partageais en même temps que je le partageais. C'est plutôt curieux comme façon de procéder et pas rassurant. Car à chaque fois que je partage j'accepte de ne rien savoir de ce que je vais partager. C'est un saut dans l'Un-Connu.
Un acte de foi
La première fois que je l'ai vécu, c'est lorsqu'il m'a été demandé de recevoir des personnes en lecture de Roue de Naissance. Je venais tout juste d'écrire la première version du livre sur la Roue de Naissance. J'avais beau avoir écrit le livre, mon mental était complètement vide de ce qui y était partagé. Il me fallait me reporter au livre pour savoir comment monter une Roue de Naissance ! Par contre, si je ne connaissais pas la technique de montage d'une Roue, j'ai toujours su les lire, alors même que cela ne m'a jamais été enseigné. Lire des Roues de Naissance m'a là encore demandé un acte de foi, de saut dans le vide. Et ce n'est que grâce aux retours des personnes pour lesquelles j'ai lu des Roues de Naissance, alors que je ne connaissais pas du tout ces personnes ni leur vie, que j'ai eu confirmation de la profondeur de l'Enseignement de Vie et que je suis devenue l'enseignante enseignée.

